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Théier (Camellia sinensis)

Les techniques d'exploitation - Cueillette - Pratique de la cueillette

La cueillette consiste à prélever périodiquement sur la table de cueillette, les pousses foliées qui conviennent (p+2) en respectant cette table. La cueillette est l'intervention la plus délicate de la culture. Elle se fait encore très généralement à la main.
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La cueillette mécanisée n'est qu'un substitut de la cueillette manuelle. Elle est d'usage là où le problème d'une main-d'oeuvre trop coûteuse se pose. La mécanisation réduit le volume de main-d'oeuvre nécessaire mais elle a un effet dévalorisant sur la qualité du produit récolté. Elle peut en outre hypothéquer la bonne maintenance des tables de cueillette et du feuillage d'entretien et donc, à terme, diminuer la quantité récoltée.
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La cueillette mécanisée est en grande partie une cueillette aveugle. Elle n'a d'autre avantage que de réduire la main-d'oeuvre. Sa promotion doit tenir compte de nombreux facteurs dont la perte de qualité, l'adaptation des traitements de post-récolte, l'adéquation des opérations culturales (tailles, etc.).
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La cueillette mécanisée revient à tondre la table de cueillette des jeunes pousses produites depuis la dernière récolte.
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La cueillette manuelle, liée aux interventions connexes des cueilleurs, occupe plus de 70 % de la main-d'oeuvre employée dans une plantation de théiers et intervient pour environ 40 % dans le prix de revient du thé. Les cueilleurs, équipés de hottes portées sur le dos, travaillent souvent par paire.
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Les normes de cueillette exigent généralement que 80 % de la récolte soient composés de pousses comprenant chacune son pekoe (feuille du sommet encore enroulée sur elle-même) et deux feuilles sous-jacentes (p+2). Les 20 % restants peuvent constituer un mélange de p+3j (la troisième feuille est encore jeune) et de pousses au repos terminées par un banjhi (bourgeon dormant) surmontant une ou deux feuilles sous-jacentes encore tendres (b+ 1t ou b+2 t).
thepousses.htm

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La cueillette se fait à l'aide des deux mains posées sur le dos sur la table de cueillette dont la hauteur est figurée par une longue latte reposant sur le feuillage d'entretien dur et résistant. Les pousses récoltables qui, elles, sont tendres, sont calées entre l'index et le majeur de chaque main. Elles sont brisées par le pouce et rabattues dans la paume puis jetées par-dessus l'épaule dans la hotte.
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Outre les normes de cueillettes imposées (80 % de p+2), les cueilleurs doivent respecter la table de cueillette dont le niveau leur est souvent indiqué par un accessoire simple : une ou deux longues lattes (3m 50). Les lattes déposées en croix sur le feuillage d'entretien leur indiquent le niveau de la table de cueillette.
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Les bâtons reposant en croix sur la table de cueillette, sous le niveau des pousses encore tendres à cueillir, évitent la tentation de prélever sous la table de cueillette. Ils permettent au cueilleur de mieux visualiser les pousses et de juger de leur développement.
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Une cueillette sévère ne laisse pas le temps aux jeunes pousses de produire plus de trois feuilles : une, au sommet, encore enroulée sur elle-même (le pekoe) et deux feuilles sous-jacentes. On dit alors que la cueillette se fait "sur kepel". Le kepel est la première petite feuille produite par la pousse au moment du débourrage du rameau. C'est une feuille atypique, coriace impropre à l'usinage et ne comptant que comme repère dans l'identification des pousses.
thekep.htm

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Une cueillette n'est pas toujours sévère. Les pousses foliées lors du passage du cueilleur peuvent alors avoir développé, pekoe compris, plus de trois feuilles, au-dessus du kepel. La cueillette p+2 consiste toujours à prélever le pekoe et les deux feuilles immédiatement sous-jacentes (cercle). Les feuilles "surnuméraires" (fléchées) sont soit pincées à part et jetées (rabattement), soit conservées lorsque l'on veut remonter la table de cueillette, si besoin il y a de regarnir ainsi le feuillage d'entretien.
therabat.htm

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La ou les feuilles surnuméraires sont pincées et jetées quand il n'est pas nécessaire de regarnir le feuillage d'entretien : cette opération se dénomme "rabattement" ou "rabattage", ou encore "breaking back". Le rabattement n'est utile que si la cueillette n'est pas assez sévère ; en cas de cueillette sévère "sur kepel", la jeune pousse est prélevée avant que quatre feuilles n'y soient formées.
therabat2.htm therabat3.htm
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Le banjhi ou bourgeon terminal d'une jeune pousse, qui est en repos au-dessus de la table de cueillette, peut surmonter des feuilles encore jeunes. Ces feuilles jeunes peuvent, dans une petite mesure, compléter la récolte principalement réalisée sur des pekoe + 2 feuilles. Cette récolte ne peut cependant contenir qu'un nombre limité de banjhi accompagnés d'une ou deux feuilles sous-jacentes tendres ( b+1t ou b+2t).
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En supprimant le banjhi (cercle), on interrompt la dormance que celui-ci induit sur la pousse qu'il surmonte. Par conséquent, son ablation provoque le débourrement du ou des bourgeons axillaires des feuilles sous-jacentes qui produisent donc de nouvelles pousses en croissance.
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Il ne s'agit pas de cueillir les jeunes pousses en croissance trop tôt, au stade p+1 par exemple (pekoe et une feuille présente au-dessus du kepel) ; ces pousses sont encore trop légères et le cueilleur attend un prochain passage pour les prélever lorsqu'elles auront atteint au moins le stade p+2j ou p+2 ou encore p+3j.
thepousses.htm
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Les pousses très jeunes sont respectées et sont le gage d'une prochaine bonne cueillette.
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En une journée de huit heures, chaque cueilleur doit pouvoir récolter jusqu'à 60 kg de feuilles en comptant 700 pousses par kilo et 80 points de cueillette au mètre carré. Son rendement dépend de sa formation et de l'état de la plantation (hauteur de la table de cueillette qui doit être comprise entre 70 et 110 cm, âge des théiers, etc.) La cueillette est un travail exigeant qui demande doigté, esprit d'observation et intelligence.
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Dans les hottes de récolte et les paniers de collecte, les pousses ne peuvent être tassées. Une certaine aération doit subsister pour éviter toute fermentation intempestive avant leur arrivée à l'usine.
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